Tournée de meetings sur l’autogestion du 11 au 17 mars

jeudi 7 mars 2013
par  Benoit
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La Fédération Anarchiste organise début mars une tournée sur la diversité des réponses autogestionnaires à la crise. Dans le prolongement de la mobilisation pour l’autogestion en mai 2011, et de la Foire à l’Autogestion de juin 2012, nous souhaitons apporter notre contribution à la popularisation des idées et pratiques autogestionnaires. Cette semaine autogestionnaire s’ouvrira par une projection-débat le lundi 11 mars au Chiendent à Orléans autour du thème « L’autogestion, une idée qui a fait le tour du monde ». On débattra autour du thème "L’autogestion, une réponse à la crise ? " le mercredi 13 mars au Biblio-café à Poitiers, puis le jeudi 14 mars à la pizzeria Belfort à Toulouse. Le Centre Ascaso-Durruti à Montpellier nous accueillera le vendredi 15 mars pour un repas convivial suivi d’un débat autour du thème « Quelle économie libertaire ? ». Le samedi donnera lieu à deux projections-débats à Lyon et à Laon. La semaine se conclura par un après-midi de débat ouvert à Merlieux le dimanche 17 mars autour de la diversité des pratiques autogestionnaires actuelles.

FACE A LA CRISE, NI AUSTERITE NI AUTORITE : AUTOGESTION !

La crise, c’est quoi ?

La crise actuelle trouve son origine dans un mécanisme de spéculations en chaîne, les subprimes. Il est néanmoins important de comprendre que cette crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle : c’est le système lui-même qui déraille. Le capitalisme est un système instable, traversé par des contradictions engendrant des crises. C’est ainsi lui qui a créé la dette, car il est basé de manière structurelle sur la spéculation. Le capitalisme entre en crise quand il atteint un nouveau stade de développement, et précisément depuis plusieurs décennies, une financiarisation accrue. C’est-à-dire encore plus de place pour la finance, et encore moins pour la production réelle (faute de rentabilité suffisante dans la sphère productive depuis les années 1970). En ce sens, le capitalisme c’est la crise.

La crise, c’est seulement économique ?

La crise n’est pas seulement économique, elle est aussi politique. Elle démontre chaque jour un peu plus l’incapacité des Etats à apporter des réponses. Les Etats sont dépendants du capital qui leur fournit des moyens d’entretenir leur force, leurs polices, leurs armées : les Etats eux-mêmes sont endettés. En retour, le capitalisme a besoin de la protection de l’Etat, qui lui fournit des infrastructures (c’est ainsi que nous avons vus les Etats venir au service des banques ou imposer de grands travaux) mais aussi les forces de répression, l’appareil judiciaire et les politiques monétaires ad hoc. Etat et capitalisme sont les deux faces d’une même pièce. Le système se mord la queue. La crise est aussi une crise des Etats. Ou pour le dire autrement : le capitalisme est une politique.

Quelles réponses face à la crise ?

Dans la mesure où la crise est structurelle, ce n’est pas un phénomène éphémère. La crise va s’approfondir. Etats et capitalistes veulent nous faire payer leur crise. Ils cherchent à imposer l’austérité aux populations. Cette logique est suicidaire et antisociale : elle ne résout pas le problème et en fait porter la charge sur les plus pauvres. D’autres arrivent avec des réponses toutes faites : face à la crise, il faut un Etat Fort. Ces solutions-là (protectionnisme, nationalisation) se battent pour revenir au capitalisme à la papa, au patron bon père de famille, à la réindustrialisation. Mais elles ne proposent aucune perspective face aux tendances actuelles, elles se bornent à vouloir revenir en arrière.

Face à la crise, ni austérité, ni autorité : autogestion !

Comme la crise est à la fois économique et politique, nous devons construire des réponses qui prennent en compte ce double aspect. Au plan économique, nous pouvons préparer et proposer des réponses sur le mode de l’auto-organisation : n’attendons pas que les réponses tombent d’en haut ! Au plan politique, ces réseaux de solidarité concrète nous donneront la légitimité pour critiquer les réponses étatiques, mais aussi dénoncer l’usage de la crise comme figure idéologique et levier pour faire passer des politiques d’austérité.

L’autogestion, c’est quoi ?

Cela signifie « gérer soi-même ». Autogérer, cela veut donc dire s’organiser pour que ce ne soit pas un chef qui décide pour les autres. Cela veut donc dire décider ensemble, entre individus égaux. Mais décider de quoi ? Et bien décider de ce que l’on fabrique, par exemple, de comment on va le fabriquer, le diffuser, dans quel but, de quelles façons, etc. Le principe est que puisque c’est nous qui consommons, puisque c’est nous qui produisons, alors c’est à nous de décider ! Au-delà, cette reprise en main implique une remise en question radicale de la production et de la consommation. Le projet anarchiste s’appuie sur ce principe, mais n’est pas un programme politique « clé en main » : il faut s’en saisir, le faire évoluer, l’adapter, le perfectionner.

Dès maintenant, on fait quoi ?

On peut faire plein de choses ! Tout d’abord, ne plus accepter de subir le pouvoir, quel qu’il soit. Refuser de l’exercer pour commencer. L’autogestion, ça s’apprend : on nous a toujours appris à subir les décisions des chefs, de dirigeant-e-s, il faut changer nos habitudes ! On peut aussi soutenir les projets autogérés qui existent déjà : certaines entreprises fonctionnent déjà de cette manière. Mais c’est aussi le cas d’associations, de collectifs, de groupements plus ou moins formels (certaines AMAP ou coopératives ouvrières de production). Pour faire face à la crise, on peut déjà tisser des réseaux de solidarité concrète : des bouffes collectives, des mutuelles de fraudeurs-ses, des collectifs de mal-logé-e-s... On peut utiliser l’autogestion comme moyen de lutte face à une boîte qui licencie ou un service public qu’on supprime. On peut aussi impulser nous-mêmes de nouveaux projets, de nouvelles réalisations qui appliquent l’autogestion dans tous les domaines : clubs de sport, habitat, transports, éducation, etc.

Mais après, quelle perspective ?

Le système actuel n’est pas à sauver : il nous faut construire une réelle alternative. Ici et maintenant, en nous basant sur la solidarité, l’entraide. Ici et maintenant ne signifie pas que nous abandonnons la perspective révolutionnaire, à la manière de ceux qui ont récupéré le terme « autogestion » pour pousser les travailleurs-ses à participer à leur propre exploitation. Au contraire, les anarchistes portent la perspective d’un changement radical de société : l’autogestion généralisée pourrait permettre à la fois la réappropriation des moyens de production et la participation directe aux décisions concernant ce que nous produisons, et plus largement notre manière de vivre. Ici et maintenant signifie donc simplement qu’il est possible de commencer à avancer dans ce sens sans attendre, en diffusant les idées et les pratiques autogestionnaires, en construisant nos projets, nos organisations et nos luttes de manière égalitaire et libertaire.

Faisons leur payer leur crise !


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