La Fédération anarchiste, mode d’emploi

jeudi 29 août 2013
par  Benoit
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Avant propos

Organisation regroupant différents groupes, la Fédération anarchiste doit fonctionner en faisant le lien entre toutes ces entités, qu’il s’agisse des groupes ou des adhérent.e.s individuel.le.s. Définis dans les « Principes de Base », il y a donc des structures fédérales et, par conséquent, des « fonctionnements fédéraux » qu’il est bon de passer en revue et d’expliciter ici, tant il est vrai que la seule lecture de notre pacte associatif ne suffit pas pour en saisir toutes les subtilités. Bien souvent une connaissance partielle, voire une méconnaissance totale de nos modes de fonctionnement fédéraux conduisent à des incompréhensions sources d’affrontements stériles et paralysants. La Fédération anarchiste a sa part de responsabilité dans cette difficulté à bien comprendre les règles du jeu permettant aux militant.e.s de se sentir à l’aise et de jouir pleinement des avantages offerts par l’organisation. En effet, l’apprentissage de nos modes de fonctionnement se fait le plus souvent sur le tas et par tradition orale. Aborder la question des fonctionnements fédéraux est donc apparu, aux yeux de l’organisation, comme une nécessité logique et rationnelle dès lors que le souci qui nous anime est celui du développement qualitatif et quantitatif de la FA.

Introduction

Avant de passer en revue et d’expliciter les « fonctionnements fédéraux », il y a lieu de préciser la démarche employée. Par « fonctionnement fédéral » nous entendons tout fonctionnement qui dépasse le cadre local. C’est-à-dire que nous ne nous intéresserons pas ici au fonctionnement des groupes et adhérent.e.s individuel.le.s au niveau local. Après un bref rappel de ce qui caractérise notre organisation, nous étudierons successivement les rôles de chaque secrétariat et des réunions mensuelles des secrétaires Cette première partie concernera donc les structures fédérales permanentes de l’organisation. Nous examinerons ensuite le fonctionnement du congrès annuel de la FA, en n’oubliant pas d’évoquer la question de sa préparation, notamment au moyen du Bulletin intérieur (BI). L’objet de cette deuxième partie sera donc une structure fédérale « saisonnière » de la Fédération Enfin, nous aborderons dans une troisième partie des questions qui, parce qu’elles ont ou peuvent avoir des répercussions sur 1es fonctionnements fédéraux, ont leur place dans le cadre de ce travail. Il s’agit notamment des débats sur les Unions régionales (UR) ainsi que sur des réunions décisionnelles entre les congrès.

La Fédération anarchiste est un regroupement de militant.e.s politiques organisé sur le principe du libre fédéralisme (c’est à dire la libre association) qui garantit aux groupes et aux individuel.le.s qui la composent la plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d’un pacte associatif que nous appelons nos « Principes de Base » (voir ci-après). C’est notre outil de lutte qui doit être fonctionnel et rationnel, nous rejetons en effet tout fétichisme d’organisation. Pas de hiérarchie donc pas de chefs chez nous ! C’est à tout.e.s les militant.e.s qu’il appartient de faire progresser notre organisation. Nous ne reconnaissons pas la division dirigeant.e / exécutant.e, la participation effective des militant.e.s aux structures collectives de l’organisation est un principe d’éthique et de solidarité. Ces structures fédérales sont : Le Monde libertaire hebdomadaire, Radio libertaire, en région parisienne et sur le Net, et la librairie Publico à Paris également. En dehors de ces œuvres fédérales les groupes ont aussi des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leurs propres activités au niveau local

Le fonctionnement de la Fédération

Le congrès se tient chaque année, c’est lui qui décide des campagnes à mener, des prises de positions publiques et des axes d’action pour l’année à venir. C’est lui qui nomme tou.te.s les secrétaires et autres responsables fédéraux. Le mode de décision en vigueur est celui de l’unanimité ce qui implique des débats menés jusqu’à leur terme pour déboucher sur un consensus Un comité de coordination, le Comité de relations (CR), réunit chaque mois tou.te.s les responsables mandaté.e.s par le congrès dans le but de faire connaître les informations, les suggestions, les propositions pouvant émaner d’un groupe ou d’un individu, sans autre droit, pour ceux et celles qui le composent, que celui de n’importe quel.le autre militant.e de présenter propositions, suggestions, informations. Au moins trois fois dans l’année qui s’écoule entre deux congrès, la réunion est formellement élargie aux délégué.e.s des groupes, elle devient alors un Comité de relations élargi (CRE), ceci dans le but d’échanger des points de vue, d’entamer des débats, de coordonner des activités qui concernent l’ensemble de l’organisation. C’est aussi une occasion pour s’assurer du bon respect des mandats donnés par le congrès aux responsables fédéraux, Un certain nombre de secrétariats ont pour rôle d’assurer le bon fonctionnement de la Fédération et de ses œuvres, Les secrétaires n’ont pas de pouvoir politique, ils ou elles sont mandaté.e.s pour l’exécution de mandats précis et en sont responsables individuellement devant le congrès, instance souveraine de la Fédération. Un.e Secrétaire général (SG) est chargé d’assurer la tenue régulière du comité de coordination (Comité de relations – CR) entre les secrétaires aux Relations intérieures (RI), aux Relations extérieures (RE), aux Relations internationales (RIn), à la Trésorerie fédérale (TF) ainsi que celles et ceux qui ont la charge de la Radio, des Archives et Editions de la FA ; les administrateurs et les membres du Comité de rédaction du Monde libertaire (CRML) en sont aussi partie prenante. Le Monde libertaire et la librairie fédérale sont gérés par des administrateurs également nommés par le congrès. Un comité de rédaction est chargé de l’élaboration du journal, il est lui aussi composé de membres mandaté.e.s par le congrès. Un Bulletin intérieur (BI) sert de lien « horizontal » et d’outil de débat interne.

La FA n’a aucune prétention à être une avant-garde éclairée, cette vision de la politique étant contraire à nos principes. Notre organisation ne prétend pas se mettre à la tête des luttes sociales, ses militant.e.s se battent pour l’auto-détermination, l’auto-organisation des luttes par ceux qui les mènent, ils et elles luttent aussi contre toute les formes de récupération politiciennes. La FA est un ensemble de militant.e.s se regroupant pour développer des activités spécifiquement anarchistes, de la manière la plus efficace et la plus constructive possible. La participation aux luttes sociales est nécessaire car sans elles il n’y aura pas d’émancipation possible.

Les Secrétariats

On peut les ranger en trois catégories différentes :

Secrétariats politiques (Relations intérieures, extérieures, internationales, comité de rédaction du ML, programmation RL) ;
Secrétariats financiers et administratifs (trésorerie fédérale, administration ML, administration Publico, finances RL, association RI-" Éditions du ML) ;
Secrétariats internes (Général, technique et entretien RL, Histoire et Archives).

Les rôles et attributions de chacun des secrétariats sont définis dans les « Principes de Base » de la FA, il n’est pas utile de les recopier ici. On peut toutefois enrichir ces définitions par quelques observations tirées de l’expérience du fonctionnement de l’organisation. Nous les prenons dans l’ordre où ils apparaissent dans les PB.

Secrétaire général (SG)

Son rôle de coordinateur l’amène à être sollicité.e en cas de dysfonctionnement dans l’organisation. Ainsi c’est à ce secrétariat qu’on peut s’adresser en cas de conflit avec un.e des autres secrétaires ou bien encore lorsqu’on souhaite interpeller le Comité de relation sur toute question relevant du fonctionnement de l’organisation.

Secrétaire aux Relations intérieures (RI)

Responsable des adhésions à la FA, le secrétariat aux RI peut aussi être amené à gérer d’éventuelles exclusions, c’est heureusement rarissime, mais il faut savoir que cela peut arriver. Chaque cas étant un cas d’espèce il serait tout à fait incongru de prétendre codifier un des règles en la matière. Le seul cas prévisible reste celui du non-paiement des cotisations et de la non réponse au courrier. Par sa fonction de relais et de proposition d’initiatives, le secrétariat aux RI joue un rôle important dans la dynamique de l’organisation. Il doit, à ce titre, travai1ler en étroite co1laboration avec le secrétaire aux Relations extérieures ainsi qu’avec le Comité de rédaction du ML (CRML).

Secrétaire aux Relations extérieures (RE)

Ce secrétariat est le porte-voix de la FA vis-à-vis de l’extérieur. Il se trouve donc en charge de nos relations avec les médias ainsi que de l’élaboration et la mise à disposition du matériel de propagande. Ces activités n’ont de sens que si elles s’organisent de concert avec les Relations intérieures et en tenant compte des indications exprimées par l’ensemble des militant.e.s, notamment lors du congrès annuel. Quant aux relations avec d’autres organisations il va sans dire (mais ça va mieux en l’écrivant) qu’elles doivent être strictement subordonnées aux intérêts de la FA et à la politique qu’e1le a définie en la matière.

Secrétaire aux Relations internationales (RIn)

Compte tenu de l’état du mouvement anarchiste international et de la volonté de la FA de faire la promotion de l’anarchisme spécifique organisé au niveau mondial, on peut dire que c’est un secrétariat difficile. La tâche à accomp1ir est immense et faute pour l’organisation de définir des priorités et des axes d’interventions précis, le risque est grand de se laisser noyer sous un flot d’informations difficiles à trier et surtout à vérifier. Définir une politique de Relations internationales à la mesure de nos ambitions mais aussi de nos moyens est sans conteste l’un des défis à relever pour les années à venir.

Secrétaire à la trésorerie

Que dire sur ce poste sinon que c’est de la rigueur et de l’intelligence de sa tenue que dépend toute la bonne santé financière de la FA. Il est donc de la responsabilité de l’ensemble des militant.e.s de faire en sorte que l’argent rentre régulièrement et le plus abondamment possible dans les caisses de l’organisation. Ce secrétariat doit fonctionner en étroite collaboration avec les différentes administrations ainsi qu’avec les Relations intérieures et extérieures.

Administrations

Responsables de la bonne marche des œuvres de la Fédération, les administrateurs jouent un rôle capital pour l’organisation : sans son journal, sa librairie et sa radio (on peut compter le secrétaire aux finances de la radio parmi les administrateurs) la FA serait privée de ses moyens de communications vers le public, ce qui signifierait la mort politique de notre courant de pensée.

Comité de rédaction (CR)

Pas de répit possible pour ce secrétariat à responsabilité collective qui doit impérativement « sortir » le journal chaque semaine ! Trier, sélectionner, susciter, écrire, corriger des articles la tâche est lourde pour ces forçats de la presse anarchiste !

Radio libertaire (RL)

Compte tenu du caractère particulier de ce médium, le secrétariat se répartit en quatre postes qui ont respectivement en charge les aspects rédactionnels (programmation), administratif (finances), matériel (technique) et juridique (association). Radio libertaire a ceci de particulier qu’elle dépasse largement le cadre des militant.e.s et des sympathisant.e.s que nous touchons par nos autres moyens de propagande.

Éditions du ML

Les paroles s’envolent, les écrits mettent à disposition du public des textes et des idées que la pensée et la pratique anarchiste ont développé. L’expérience acquise dans le domaine de l’édition et l’évolution des techniques aidant, ils nous est maintenant possible d’éditer ou de rééditer à moindre coût, ce qui offre l’avantage de mettre à disposition du public et des militants des ouvrages à des prix abordables sans compromettre notre équilibre financier et par là même notre capacité éditoriale.

Secrétariat Histoire et Archives (SHA)

Rien de particulier à ajouter sur ce poste sinon qu’il faut constamment rappeler aux groupes d’envoyer systématiquement trois exemplaires de toutes leurs productions pour alimenter les archives fédérales.

Le Comité de relations (CR)
Comité de relations mensuel

Ce comité, réunissant tou.te.s les secrétaires, est convoqué une fois par mois par le/la secrétaire général. Les secrétaires y font leur rapport mensuel et y exposent les problèmes rencontrés dans le cadre de l’exécution de leurs mandats respectifs. C’est aussi un cadre privilégié pour la nécessaire coordination entre les secrétaires. Si, en dernier ressort, chaque secrétaire est seul.e responsable de son poste, il est bien évident que le Comité de relations peut et doit être utilisé comme un lieu où chaque secrétaire, rendant compte de ses activités, est à même de recevoir et d’écouter toutes critiques ou suggestions de la part des autres secrétaires comme d’ailleurs celles transmises par des adhérent.e.s non mandaté.e.s. La responsabilité individuelle qui est la règle à la Fédération anarchiste, ne doit pas en effet se traduire par des pratiques autocratiques dans la gestion des secrétariats. Cela peut sembler une évidence mais l’expérience montre que nous ne sommes pas à l’abri de dérives, volontaires ou non, à ce niveau. Les mandaté.e.s ne doivent jamais perdre de vue qu’ils ou elles doivent s’abstenir de subordonner l’exercice des responsabilités qui leur ont été déléguées, à leur vision personnelle des choses. Ce qui est plus facile à dire et à écrire qu’à faire. En effet, la somme de travail à fournir est souvent assez lourde et les secrétaires qui, comme tout un chacun, militent dans leur groupe, travaillent pour subvenir à leurs besoins, ont parfois du mal à prendre le recul nécessaire à un bon exercice des responsabilités dans une organisation anarchiste, idéologiquement très exigeante en matière de contrôle des mandaté.e.s.

Comité de relations élargi (CRE)

La maturation et la croissance de la FA ont conduit à un recours systématique à ce qu’on appelle le Comité de relations élargi. Celui-ci ce tient à la suite d’un Comité de relations ordinaire et réunit, en plus des secrétaires, tout.e adhérent.e individuel.le et délégué.e.s de groupes souhaitant y assister. Les congrès ont consacré la décision de réunir formellement trois Comités de relations élargis entre deux congrès, le troisième, systématisé depuis plus longtemps, servant à l’élaboration d’une proposition d’ordre du jour pour le congrès et à la présentation des rapports annuels de chaque secrétaire. Les CRE peuvent ainsi servir à affiner la mise en oeuvre des campagnes décidées en congrès, à débattre des actions à mettre en route face à une situation politico-sociale non envisagée lors du congrès, et enfin, last but not least, à contrôler la bonne exécution des mandats donnés aux secrétaires. En dehors de ces aspects purement fonctionnels, c’est aussi l’occasion d’échanger des idées, de lancer ou d’alimenter des débats, de confronter des pratiques locales. A condition que ce ne soit pas toujours les mêmes qui s’y rendent cela peut être aussi pour les militant.e.s, jeunes ou moins jeunes, une bonne occasion pour sentir physiquement et pratiquement ce qu’est la concrètement la Fédération. Enfin c’est un moment privilégié pour y nouer des relations amicales qui sont souvent déterminantes, notamment dans les moments difficiles, pour le bon fonctionnement d’une organisation.

Le congrès

Le congrès de la FA a lieu tous les ans. Tou.te.s les adhérent.e.s en règle avec la Trésorerie fédérale peuvent y assister.

Son objet est :

de faire le point de la situation morale et financière de la F A et de ses œuvres ;
de débattre des motions, propositions, études, présentées par les groupes, individuel.le.s ou organismes de la FA et d’en tirer les grandes lignes des campagnes à mener au cours de l’année, ainsi que les décisions nécessaires à la bonne marche de la Fédération.

Telle est la définition qu’en donnent les fameux « Principes de Base » de la FA. On se doute bien que si les objectifs semblent assez clairs, le fonctionnement d’un congrès durant à peine deux jours et demi et rassemblant les militant.e.s de la FA ne s’improvise pas. Une préparation sérieuse et une organisation bien rodée sont les conditions nécessaires, bien que non suffisantes à la réussite d"un congrès. Nous allons donc nous attacher à décrire le fonctionnement d’un congrès tel qu’il se déroule habituellement et parfois tel qu’il devrait se dérouler.

Avant

Régulièrement les militant.e.s se plaignent du manque de préparation du congrès : motions proposées au dernier moment, débats non commencés dans le Bulletin intérieur, etc. Les motifs d’insatisfaction sont légion et il y a lieu de tout faire pour y remédier. Il faut noter cependant que nous avons fait ces dernières années quelques progrès, en effet le recours systématique au CRE pré-congrès permet de bien déblayer le terrain. C’est là qu’on élabore une proposition d’ordre du jour. Celle-ci est le fruit d’un examen collectif des points que l’on juge nécessaire d’aborder en fonction des événements politiques et sociaux, passés ou à venir, et aussi en fonction des débats menés à l’intérieur de la Fédération. Il est donc important que les militant.e.s s’impliquent fortement dans ce processus. L’autre utilité du CRE pré-congrès consiste en ce que les secrétaires y fassent leur rapport annuel, l’objectif étant que la première partie du congrès ne soit pas alourdie par une succession de rapports qui grèverait le temps consacré aux débats et aux décisions qui en découlent. Il reste que la bonne préparation d’un congrès est l’affaire de tous et toutes : s’il n’y a pas une volonté largement partagée de débattre sereinement et de fonctionner en bonne intelligence, le congrès aura toutes les chances de ne pas être très productif et laissera un souvenir amer.

Pendant

Après le contrôle des entrées par les secrétaires à la Trésorerie et aux Relations intérieures, le congrès peut commencer.

Les « tables »

La première des choses à faire est de désigner les « tables ». Il s’agit en effet, pour chaque séance de disposer d’un.e président.e et de deux assesseurs, chacun ayant à accomplir une tâche bien précise. Le bon fonctionnement de la « table » conditionne le bon déroulement de la séance. C’est une lourde responsabilité et il y a lieu de s’y préparer. Un.e des assesseurs est chargé de prendre les tours de parole, il ou elle doit inscrire toutes les demandes d’intervention faites dans la salle. Les demandeurs sont censés s’identifier au moyen d’un écriteau, mais il n’en reste pas moins qu’en plus d’avoir une bonne vue, il est préférable de connaître les noms des groupes et d’un maximum de camarades. L’autre assesseur a la responsabilité de prendre des notes qui serviront à la rédaction des comptes-rendus de séance. Il faut faire preuve d’une grande concentration et d’une capacité à synthétiser des propos parfois bien décousus. La présidence, enfin, est la clé de voûte de l’édifice. Son rôle est de distribuer la parole en veillant au bon déroulement de l’ordre du jour. Il lui faut constamment veiller à ce que l’on ne s’écarte pas du sujet, elle doit calmer le jeu si nécessaire et faire régulièrement la synthèse des débats en cours pour en dégager des propositions concrètes à soumettre à l’appréciation du congrès, elle peut aussi proposer le renvoi d’un débat en commission. Pour remplir cette tâche il faut avoir des dispositions pour l’animation, une grande rigueur, des nerfs solides et une bonne connaissance de l’organisation et de ses fonctionnements : débutants s’abstenir !

Les débats

Si on part du principe que ceux-ci ont été préparés, il est de la responsabilité des intervenant.e.s de construire leurs interventions en ayant pour objectif de déboucher sur une issue concrète : rédaction ou adoption d’une motion, apport d’éléments de nature à faire avancer la réflexion commune sur le sujet, explications claires sur des points parfois obscurs ou complexes. Cet exercice est difficile pour des raisons fort diverses. Les timides doivent vaincre le trac, les débutant.e.s doivent apprendre à s’exprimer en public, les grandes gueules doivent éviter de monopoliser la parole, les emmerdeurs doivent être empêchés d’emmerder... Toutes choses qui rendent parfois les débats laborieux et à coup sûr le travail de la « table » épuisant. Ceci étant, là encore, pour peu qu’il y ait une volonté collective de s’écouter et d’aller de l’avant, il est possible de mener des débats tout à fait constructifs qui nous permettent d’élaborer une propagande pertinente en phase avec les préoccupations de l’humanité opprimée et aliénée.

Les commissions

Compte tenu de ce qui vient d’être dit précédemment les débats débouchent parfois sur un renvoi en commission. Le rôle de ce type de commission peut être de rechercher une synthèse entre des positions divergentes, de mettre en forme les amendements d’une motion ou d’en rédiger une. Le congrès peut aussi décider de la constitution d’une ou plusieurs commissions, devant fonctionner pendant l’année, pour étudier une question précise, coordonner une campagne, préparer une manifestation ou un congrès international. En dehors de cela, il existe à la FA des commissions permanentes, indépendantes du congrès, qui mettent à profit ce dernier pour se réunir, pour y faire état de leurs activités, pour y proposer des motions ou des campagnes au même titre que n’importe quel groupe ou militant.e.. Il ne faut donc pas les confondre avec des commissions de congrès ou constituées par le congrès.

Les mandatements

La dernière séance du congrès est consacrée à ce qu’il est convenu d’appeler les mandatements. Il s’agit de désigner les camarades aux différents postes de responsabilités après avoir adopté les mandats précisant des tâches précises à accomplir en plus des tâches habituelles. C’est sans nul doute la séance la plus importante en ce sens qu’on y précise ce qu’on attend des mandatés pour l’année à venir. C’est en quelque sorte une répétition générale de ce qu’on entend par un fonctionnement libertaire en matière de prise de décision et de délégation de responsabilités. Le moins qu’on puisse dire, à la lecture des mandats, c’est qu’il nous reste beaucoup de progrès à faire de ce côté là. En effet ce moment de l’ordre du jour, si déterminant du point de vue pratique comme du point de vue théorique, est traité dans l’urgence et la précipitation Même les habitué.e.s se font prendre dans le tourbillon d’une course contre la montre qui nous fait parfois perdre le sens des réalités. Étant donné la densité de cette séance du lundi matin, une « commission des mandats » est mise en place, qui centralise les différentes propositions, définit leur validité, les organise par secrétariats et se charge de traquer les redondances et les incohérences qui ne manquent pas de se glisser dans des propositions elles aussi trop souvent élaborées dans l’urgence.

Après

Après il ne reste plus qu’à publier le rapport du congrès et à appliquer les bonnes résolutions qu’on y a prises. On l’aura compris ce n’est pas toujours facile !

Entre deux congrès

Le Bulletin intérieur

C’est le support privilégié du débat entre deux congrès. Publié chaque mois, il permet à tou.te.s de se tenir au courant de ce qui se passe à la FA et d’y exprimer ses points de vue. Il est parfois négligé par les militant.e.s qui ne prennent pas la peine de l’utiliser à fond en tant qu’outil de débat interne. C’est malgré tout l’outil le plus accessible : il suffit d’avoir une boite aux lettres et de s’y abonner.

Les Unions régionales (UR)

Soucieux de fédérer et de fédéraliser au maximum leurs activités, de nombreux groupes se sont organisés en Unions régionales. Un débat s’est logiquement enclenché sur la place des UR dans l’organisation. Pour l’instant les UR n’ont pas de rôle organique dans la structure fédérale. Il ressort des débats à ce sujet un constat : les UR recouvrent suivant les lieux des pratiques et des réalités fort différentes. La question du rôle organique des UR est donc une question ouverte subordonnée aux pratiques mises en œuvre par les militant.e.s (à ce propos il ne faut pas oublier que tous les militant.e.s ne font pas systématiquement partie d’une UR).

Les réunions pour décider entre deux congrès

L’implication toujours plus grande des militant.e.s dans les fonctionnements fédéraux, signe d’une indéniable santé organisationnelle, fait qu’on se pose fréquemment la question des prises de décisions entre deux congrès. Il n’est pas question ici de répondre à la question mais d’expliquer comment ça marche aujourd’hui. L’instance décisionnelle collective à la FA est son congrès, entre deux congrès les décisions concernant la fédération sont prises par les mandatés dans le cadre de leurs domaines de compétences respectifs (ils sont comptables de ces décisions devant le congrès). La décision d’organiser systématiquement trois CRE entre deux congrès traduit le souci d’accompagner les secrétaires dans l’exercice de leurs responsabilités et par là même dans leurs prises de décision.

Pour conclure en attendant la suite...

Un des faits majeurs dans l’évolution du fonctionnement de la fédération, au cours de la dernière décennie est la présence d’un nombre important de camarades de « province » à des postes de responsabilité. Dans un pays fortement marqué par le centralisme jacobin c’est la preuve d’une capacité à dépasser les contingences qui nous sont imposées de l’extérieur. C’est aussi la démonstration que la FA n’est pas une organisation figée et qu’elle est en mesure d’adapter son fonctionnement à sa croissance, ce qui représente une assurance pour l’avenir de l’anarchisme organisé dans ce pays.


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