[LGV] Projet de Ligne Grande Vitesse Poitiers-Limoges

jeudi 28 mars 2013
par  Benoit
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Tout comme l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les lignes THT en Cotentin-Maine, l’EPR à Flamanville ou encore le stade géant à Lyon, la LGV de Lyon-Turin est imposée par l’institution étatique aux populations, de l’échelle locale à l’échelle nationale. Je souhaite simplement relayer ici les derniers articles parus sur le site du groupe de Poitiers de la FA sur ce sujet.

Benoit, groupe Henry Poulaille.

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Le ministre des Transports approuve le projet de LGV Poitiers-Limoges
Selon la chaîne de télévision publique régionale France 3�Limousin, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, aurait écrit au président de Réseau ferré de France et au préfet de la Région Limousin pour confirmer que le gouvernement approuve le projet de LGV Poitiers-Limoges « tel qu’il est présenté dans le dossier support de l’enquête publique ». Ce courrier intervient alors que le ministre semblait plutôt frileux jusqu’à présent dans ce dossier. Hier, le site MobiliCités avait révélé que le projet cher au président de la République figurait en bas du classement des priorités définies par la commission Mobilité 21�mise en place par ce même ministre.
Dépêche Nouvelle République, 26 mars 2013

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86 - La LGV Poitiers-Limoges serait mal classée
Selon le portail des transports publics MobiliCités, la commission Duron chargée par le gouvernement de hiérarchiser les projets du Schéma national des infrastructures de transports aurait établi un premier tri dévaforable à la LGV Poitiers-Limoges reléguée « en bas du classement ». La commission présidée par le député du Calvados Philippe Duron devrait publier sa liste définitive en juin 2013.
Dépêche Nouvelle République, 25 mars 2013

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[86] La LGV, “on subit de A à Z”
Posted on 21/03/2013 by Pavillon Noir

Au-delà des discours politico-économiciens de bureaucrates, de technocrates et de journaleux vendant la LGV, juteuse pour Vinci et ruineuse pour les populations, il y a la réalité du saccage social et environnemental des espaces traversés. Pour une fois, fait assez rare pour être relevé, la Nouvelle République ne se fait pas le porte-parole béat de ce projet dévastateur.
Face à la (dure) réalité de la ligne grande vitesse

Le chantier de la LGV entre dans le dur. Et les habitants des communes traversées découvrent l’ampleur des dégâts. Exemple à Colombiers.

Sans doute personne n’imaginait à Colombiers, l’ampleur pharaonique du chantier de la LGV. Eh bien, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, les Colombinois ont le nez dedans.
Au 73e km de la ligne Tours-Bordeaux, le ronflement des camions et des tractopelles est devenu le quotidien des habitants. La ligne grande vitesse traversera la commune sur près de 2 km, coupant carrément en deux le coteau partagé avec Marigny-Brizay, pour dévaler dans la vallée de l’Envigne. Quoique question de dévaler, le tracé sera plutôt plat, ce qui implique de taper considérablement dans le coteau. D’où l’expression « pharaonique ».

“ Normalement, on se doit de dire que c’est pour le bien collectif ”
Michel Guillemard, premier adjoint au maire à Colombiers, qui suit de près le dossier, lui préfère le terme « monstrueux »… « La LGV a des contraintes techniques par rapport à la vitesse, explique l’élu. Localement, il atteindra 350 km/h. La ligne doit être profondément creusée dans le coteau et surélevée dans la vallée. Ça va défigurer le paysage ». Deux zones de la commune sont concernées de près. Tout d’abord « La Genetière », dans la vallée, où la route d’Ouzilly va être déviée et un pont construit au-dessus des rails. Le secteur est agricole… « L’aménagement foncier est en cours avec le conseil général pour pouvoir conserver des zones d’exploitations, indique la mairie. Par ailleurs, il a été obtenu de Lisea d’avoir deux voies transversales qui permettent de rattraper les routes et accès aux chemins agricoles qui disparaissent ».

Le coteau coupé en deux
Ensuite « La Baudrigère », juste sur le coteau, où la tranchée sera large de 150 mètres. La départementale 21 qui rejoint Marigny va être déviée pendant un an. Facile. « Certes, c’est au bout du village mais ça va gêner des habitants, souligne Michel Guillemard. Les gens qui habitent à côté subissent à cause des travaux et subiront avec la future ligne. Normalement, on se doit de dire que c’est pour le bien collectif, que c’est positif pour l’emploi. Mais une commune comme nous, on subit de A à Z, on n’y a pas d’intérêt, on verra seulement le train passer. » Pas faux.
Franck Bastard, Nouvelle République, 21 mars 2013

Marie-Louise à 50 mètres de la LGV
A 87 ans, Marie-Louise Dévigne prend avec philosophie l’arrivée de la LGV… dans son jardin ou quasiment. Sa maison, située à « La Baudrigère » à Colombiers, où elle s’est installée en 1977, n’est située qu’à 50 mètres du chantier. L’octogénaire, qui vit seule, a eu de gros soucis de santé qui la clouent depuis six ans dans un fauteuil roulant. Une aide à domicile la visite quotidiennement.
“ Jamais je ne quitterai ma maison ”
C’est depuis sa cuisine où elle passe l’essentiel de ses journées d’hiver, entourée de ses livres, de ses poèmes, de ses petits souvenirs, qu’elle devine le bruit des tractopelles. « Pour l’heure, c’est supportable mais cet été, ce sera une autre chanson ! », sourit-elle. « A l’époque, quand j’ai acheté à Colombiers, je me suis intéressée de savoir si l’autoroute ne passerait pas dans le coin. Et en 2007, on a décidé qu’on allait avoir la LGV ! », raconte-t-elle avec ce petit air moqueur dont elle ne se départ jamais. Marie-Louise dit avoir écrit à Réseau ferré de France : « Ils sont venus toute une délégation me voir dans ma maison. Dans ma lettre, j’avais écrit que j’avais choisi un coin calme à la campagne et que j’allais finir comme les vaches à regarder les trains passer. Je voulais un tunnel, ils m’ont garanti qu’il y aurait un remblai pour protéger du bruit. C’est pareil, on m’avait dit que j’aurai droit à des nouvelles fenêtres pour isoler. Mais je n’ai pas de nouvelles. Par contre, ils ont laissé le rideau d’arbres devant la fenêtre de ma chambre. » Marie-Louise Dévigne est fataliste : « Quand une âme charitable m’emmène en balade, je m’interdis de regarder le paysage. Non, jamais je ne quitterai ma maison ! »
Nouvelle République, 21 mars 2013

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[Projet de LGV Poitiers-Limoges] Quand le TGV fait dérailler les trains de proximité
Posted on 20/03/2013 by Pavillon Noir

Quand le TGV fait dérailler les trains de proximité
Pour les habitants du Limousin, le choix est cornélien : profiter du TGV à Limoges ou préserver leur ligne de proximité, qui dessert la région et plusieurs départements avoisinants. Car une lettre du ministère de l’Écologie, qui aurait dû rester confidentielle, révèle que, pour des raisons économiques, il faudra choisir entre les deux. De Cahors à Poitiers, le débat est relancé : la grande vitesse pour quelques-uns ou un service public ferroviaire pour tous ?
Raccorder Limoges au TGV… Un projet de 30 ans. Et « un moteur de développement économique et d’emplois », selon Jean-Paul Denanot, le président socialiste de la région Limousin. Sauf qu’un courrier du ministère de l’Écologie, qui aurait dû rester confidentiel, a mis le feu aux poudres. Pas sûr que la ligne grande vitesse (LGV) apporte bonheur et prospérité aux Limousins. Selon ce courrier, pour « maximiser les circulations sur le projet de LGV Poitiers-Limoges », Réseau ferré de France propose de réduire drastiquement le nombre de trains sur la ligne classique Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (dite « POLT »). La fréquence des trains passerait de onze allers-retours Limoges-Paris à quatre.
« L’avenir de la desserte ferroviaire de nombreuses villes et territoires est clairement en jeu », s’inquiète la Coordination des riverains et impactés de la ligne à grande vitesse Limoges-Poitiers (CRI). Cette ligne amènera « la grande vitesse à Limoges et non au Limousin ou aux territoires avoisinants », ajoute l’association Urgence Ligne POLT qui milite pour le développement de la ligne existante.

Le TGV pour une élite d’usagers
Autre paradoxe : la ligne classique dessert davantage d’usagers que la future LGV. De l’Indre au Lot, 2,5 millions d’habitants sont concernés. Avec le TGV, ils « mettront plus de temps pour aller à Paris pour un prix de billet prohibitif », estiment les associations. Actuellement, le prix d’un aller Limoges-Paris est de 57 euros sur la ligne classique. Un billet TGV Paris-Poitiers-Limoges devrait avoisiner les 100 euros. La ligne POLT risque également de devenir « omnibus », sans possibilité de trains plus directs et donc plus rapides.
La ligne grande vitesse aggravera aussi la dette de Réseau Ferré de France (RFF). L’entreprise publique, qui gère les voies, est endettée à hauteur de 30 milliards d’euros depuis qu’elle a été dissociée de la SNCF. RFF considère que la suppression d’un aller-retour sur la POLT diminuera le trafic de 8,3 %. Alors qu’il n’augmentera que de 2,3 % sur la LGV Limoges Poitiers [1]. En clair : les billets TGV ne compenseront pas les pertes financières liées à l’abandon du trafic local.

Fronde des élus
Dans le courrier du ministère, le taux de rentabilité est évalué à 4,58 %. Un chiffre « largement en deçà du taux nécessaire à l’équilibre général du projet (investissement et exploitation), estimé lui entre 6 à 8 % [2] », avance l’association Urgence Ligne POLT. « Qui paiera la différence et en particulier le déficit d’exploitation de la ligne ? ». Le coût de la réalisation de la LGV Limoges Poitiers est estimé à 2,4 milliards d’euros pour 2020 . Soit cinq fois plus que la rénovation de la ligne classique, argumentent les opposants.
Les conclusions de la mission confiée à Jean-Louis Bianco sur la réforme ferroviaire pourraient aller dans leur sens. Pour revenir à l’équilibre, « trois actions sont prioritaires », estime l’ancien ministre des Transports [3]. Il préconise de ne pas construire de nouvelles LGV, leur préférant des solutions intermédiaires, entre les TGV et les trains « Corail ». Jean-Louis Bianco propose également d’augmenter la fréquence des trains classiques. Bref, tout le contraire des sacrifices qu’impose le TGV. Les conclusions de cette réflexion sur la réforme ferroviaire devrait être rendues publiques début avril.

Quel véritable service public ferroviaire ?
La lettre émanant du ministère de l’Écologie a sérieusement agacé le président de la région Limousin, Jean-Paul Denanot. D’après lui, il existe une « évidente complémentarité entre la ligne POLT et le barreau LGV » [4] Pas question d’abandonner le TGV, ni de délaisser la ligne POLT, « un outil indispensable d’aménagement du territoire ». Les élus locaux commencent cependant à se poser de sérieuses questions. Le 9 mars, une trentaine d’élus de la Creuse ont symboliquement bloqué les voies en gare de La Souterraine, relate La Nouvelle République. Parmi eux, des conseillers régionaux du Limousin qui avaient voté quelques mois plus tôt les crédits pour les études de la LGV.
Ce seront aux représentants de l’État et à huit collectivités locales, composant le « comité des financeurs » (régions Poitou-Charentes et Limousin, départements de la Vienne, de la Haute-Vienne et de la Corrèze, les agglomérations de Poitiers, Brive et Limoges), de choisir de sacrifier – ou non – la ligne classique et ses dessertes locales au profit du TGV. « Comment huit collectivités peuvent-elles être mises légitimement en situation de décider pour 4 régions, au moins 12 départements et l’ensemble des communes concernées par l’irrigation de l’axe POLT ? », s’insurgent les opposants. Les associations demandent un débat afin d’éviter « une rupture totale du service public ferroviaire pour les populations du Nord de la Corrèze, du Lot, de la Creuse, de l’Indre, du Cher… ».

La fin du tout TGV ?
L’ouverture de l’enquête publique de la LGV Limoges-Poitiers est prévue courant 2013. Les regards sont désormais tournés vers la commission « Mobilité 21 » chargée de hiérarchiser les quatorze projets de lignes à grande vitesse. Ses conclusions sont attendues entre avril et juin 2013. Le président de la commission, Philippe Duron (député-maire PS de Caen) a d’ores et déjà laissé entendre que plusieurs projets risquaient de ne plus voir le jour. En cause : l’état des finances publiques. Et l’émergence de contestations locales de plus en plus fortes.
Car au-delà de l’opposition à la LGV Limoges-Poitiers ou celle, plus médiatisée, contre le Lyon-Turin, des associations et mouvements se rassemblent un peu partout en France contre la construction de nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse. Absence de concertation, destruction de zones naturelles et de terres agricoles, sous-estimation des coûts de réalisation, trafic de proximité laissé en désuétude… La politique du tout TGV a du plomb dans l’aile. Réunies au sein de la Charte d’Hendaye, lancée en 2010, une centaine d’associations françaises, italiennes et espagnoles réclament une « révision profonde » de la stratégie européenne en matière de transports, l’arrêt immédiat des projets de ligne à grande vitesse, et une véritable participation de la population aux prises de décision.

Sophie Chapelle

Notes
[1] Selon les conclusions du dossier d’évaluation socio-économique du projet par RFF à consulter ici (page 44).
[2] Selon le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique
[3] Dans un document que s’est procurée l’AFP.
[4] Dans une lettre ouverte, il fustige « une initiative déplacée et provocatrice ».
Sophie Chapelle, Bastamag, 19 mars 2013

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Les dommages collatéraux de la LGV Poitiers-Limoges
Posted on 16/02/2013 by Pavillon Noir

Les dommages collatéraux de la LGV Poitiers-Limoges
L’État propose de supprimer des trains sur l’actuelle ligne ferroviaire Paris-Orléans-Toulouse pour rentabiliser le futur barreau à grande vitesse Poitiers-Limoges. Tollé dans la région Centre.
La lettre adressée par le directeur général des infrastructures du ministère de l’Écologie aux membres du comité des financeurs des études de la ligne ferroviaire à grande vitesse Poitiers-Limoges*, le 25 janvier dernier, a fait l’effet d’une bombe le long de l’actuelle ligne POLT qui Paris à Toulouse, via Orléans et Limoges. Pour « maximiser les circulations sur le projet de LGV », Réseau ferrée de France propose en effet de réduire les services sur l’axe POLT en passant de sept allers-retours par jour dans le précédent projet à quatre, contre onze actuellement.

” Une hypothèse scandaleuse “
S’il reconnaît que ce schéma permettrait d’améliorer le bilan socio-économique du barreau Poitiers-Limoges, le fonctionnaire du ministère prévient que cela aurait aussi des conséquences entre Paris et Toulouse puisque les trains restants ne pourraient « plus assurer de desserte semi-directe comme cela avait été envisagé » ; autrement dit, ils s’arrêteraient dans toutes les gares comme des omnibus. « Le taux de rentabilité du projet de LGV Poitiers-Limoges s’avérait trop faible pour être économiquement acceptable », rappelle la Coordination des riverains et impactés qui s’oppose au projet. « Le comité des financeurs a donc demandé à RFF de réaliser une contre-expertise […] afin de déterminer les pistes possibles d’optimisation. » En l’occurrence, la réduction du trafic sur la ligne POLT sur laquelle les financeurs des études du projet de LGV sont appelés à se prononcer avant la fin du mois pour permettre le lancement de l’enquête publique. « Cette hypothèse est scandaleuse ; elle consiste à casser l’existant au profit d’une ligne toujours à l’état de projet ! », dénonce le président du conseil général de l’Indre. « C’est une provocation inacceptable ; il y a une volonté de tuer la fréquentation de la ligne POLT », ajoute son collègue de la Creuse. Etonnament, le vice-président de la Région Centre en charge des Transports voit plutôt un bon signe dans la lettre du ministère. Selon lui, la proposition de RFF qui présente un « risque d’enclavement » avec la disparition des dessertes d’Argenton-sur-Creuse et d’Issoudun, serait à ce point inenvisageable qu’elle plaiderait contre la LGV. « On connaît les arguments des pour et des contre, je ne veux entrer dans aucune polémique », réagit Alain Claeys, le député-maire de Poitiers. « Ce que je souhaite maintenant, c’est que l’enquête publique puisse être lancée au premier semestre. » Le courrier du ministère de l’Écologie en témoigne : les services de l’État y travaillent activement.
* Le comité des financeurs appelé à se prononcer rassemble les représentants de l’État, des Régions Poitou-Charentes et Limousin, des Départements de la Vienne, de la Haute-Vienne et de la Corrèze et des agglomérations de Poitiers, Brive et Limoges.
Baptiste Bize, Nouvelle République, 16 février 2013


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