[Publico librairie] Rencontre/débat avec Jean-Pierre Martin autour de son livre La rue des précaires. Soins psychiques et précarités (éditions Erès).

mercredi 13 mars 2013
par  Benoit
popularité : 57%

Entrée libre Samedi 16 mars, à partir de 16h30

Librairie du Monde libertaire (Publico), 145 rue Amelot, 75011 Paris
métro République, Oberkampf, Filles du Calvaire

En introduisant la toile de fond politique et historique de la lutte contre la pauvreté depuis le Moyen Âge, puis l’émergence de la notion de précarité et des inégalités sociales, nous n’avons pas abordé précisément en quoi le discours sur la précarité produit un nouveau paradigme : celui de renvoyer "l’être sans" à son défaut d’adaptation psychologique, tentative de réduire l’anthropologie à une science de la nature. C’est cette dimension à laquelle la psychiatrie est sommée de répondre par les gouvernants actuels, nouvelle version de dire la vie de ce que Michel Foucault relevait comme un discours sur "des hommes infâmes", ces hommes sans réputation, à la rue, qui arrivent, pour un bref instant, "d’être tirés de leur obscurité par les faisceaux du pouvoir… atteignant le point le plus intense de leur vie". Ils représentent tous les "sans", dont les fous dans les lieux de soins psychiatriques. Le psychiatre est donc habituée à côtoyer cette souffrance sociale, mais le plus souvent l’ignore au nom de sa science. Cet engagement à leur côté et le combat pour la reconnaissance de leurs droits sont donc consubstantiels de la connaissance anthropologique. Nous retrouvons en effet chez les précaires ce discours arbitraire sur l’interné, sur l’interdit de séjour, le sans-papiers et les soins "forcés" qui privent de toute citoyenneté. Dans cette référence au sujet social, il apparaît des droits sociaux bafoués et c’est le sens du travail clinique de les réintroduire, de les revendiquer à travers le travail thérapeutique de socialisation. La liberté passe par ce droit au logement, à des ressources minimums, à l’accès à la formation et au travail comme aux soins. Ce combat semble, sans cesse, à recommencer dans une société soumise à une précarité croissante et généralisée, où la vulnérabilité et la disqualification ont des conséquences multiples sur la santé mentale de ceux qui en sont victimes. Soigner est donc une référence collective par son articulation entre réseaux sociaux. Or la violence du modèle de la réussite individuelle qui s’exprime dans la crise financière internationale actuelle, où le cynisme et le mépris de l’autre sont omniprésents, fait émerger la notion de défense psychique collective, qui se traduit aujourd’hui dans le prendre soin solidaire avec les laissés-pour-compte. Nous verrons plus loin les pratiques que ce recours entraîne, mais soulignons, dès maintenant, que cette actualité du care américain est la conséquence de la société néolibérale qui a privilégié l’individualisation de la solidarité dans le self government et sa transformation en marché économique en lieu et place des solidarités collectives. Nous retrouvons ici la question de la naturalisation de l’échec à réussir comme forme de l’anormalité et le recours à une organisation de surveillance de chaque individu. Ce combat pour la reconnaissance du sujet se mène en lien avec ce que nous nommons les tiers du travail thérapeutique que sont les familles, les associations de patients et les partenaires du sanitaire et du social, mobilisés par la personne errante ou précarisée, quelles qu’en soient les causes. Contrairement à ce qui est souvent dénié comme une tâche clinicienne par de nombreux psychiatres, ce travail relationnel multiple est autant d’approches du symptôme et de son traitement.


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